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Humour

Amor à mort

Création 2021
Auteurs : Nelly Bêchetoille et Didier Landucci
Mise en scène : Elric Thomas
Interprètes : Nelly Bêchétoille, Anne Decis, Didier Landucci, Avy Marciano
Création lumières : Jean-Bastien Nehr
Création sonore : Mickaël Roche

LE SPECTACLE

Ce spectacle nous offre une série de tableaux humoristiques, féroces, grinçants et résolument transgressifs sur l’amour et la mort.
Chaque scène dévoile une liaison amoureuse intense qui finit toujours par une mort : d’elle, de lui ou des deux ! Mourir par passion, par accident ou par choix tel sera le destin de chaque couple…

Tous les personnages sont touchants, sincères et parfois pathétiques mais ils s’aiment ou se sont aimés, vraiment, profondément… jusqu’à en mourir. Issus de milieux sociaux variés et au tempérament divers les personnages de ces chroniques sont tous ou ont été pétris d’un amour sans borne pour leur conjoint. Oui mais voilà, de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas et chacun leur tour, nos héros vont le franchir. Dans leur folie ou leur désarroi, ils seront tous attachants, surprenants, effrayants. Ils incarneront les avatars diaboliques de nos propres personnalités.

La construction des scènes repose sur un même procédé : « On ne sait pas qui va mourir, ni pourquoi, ni comment mais on sait qu’il va y avoir une mort ».
Sans être redondant sur le fond, cette forme systématique crée une sorte de rendez-vous pour le spectateur et suscite ainsi chez lui une fébrilité et une impatience de l’issue fatale, le tout pimenté par un switch ou une surprise finale.

Pour adoucir l’intensité du propos et apporter un peu de légèreté, chaque saynète sera ponctuée par une chanson connue en rapport avec ce qui vient d’être vécu. La plupart de ces chansons seront interprétées par les comédiens en direct.

LE PROPOS

Ce spectacle met en lumière la “polarité” amour/mort chère à Freud.
Selon le célèbre psychanalyste, l’amour et la mort -Eros et Thanatos symbolisent l’union des contraires. Ce sont deux pulsions fondamentales et indissociables, qui ne peuvent être pensées séparément et qui oeuvrent toujours ensemble en une sorte d’amalgame. Car la vie n’a d’importance que parce que la mort existe et que la grande aventure de la vie, c’est de trouver l’amour.
Il y a donc dans notre parcours terrestre, cette échéance mortelle mêlée à cette recherche de l’amour qui, inconsciemment, imbibent nos chairs et emplit nos âmes. Et ces deux rendez-vous que sont l’amour et la mort sont incontournables dans une vie.

NOTE D'INTENTION

Avant tout, nous avions envie de travailler ensemble depuis longtemps. Il était écrit que nos énergies, nos univers et notre fantaisie devaient donner naissance à un projet commun.

Lorsque nous nous sommes fixés sur le thème éternel du couple il nous a semblé capital de nous éloigner des axes classiques et traditionnels mille fois traités (les belles-mères, les chaussettes qui traînent, l’amant dans le placard et autres aléas du quotidien) pour nous rapprocher, dans l’esprit, de “La guerre des Rose”, de “Why women kill” ou de “Quand ta mort nous séparera” (Les nouveaux sauvages). Alors, l’idée de confronter le couple à “l’amour et la mort” nous a paru correspondre naturellement à nos motivations et nos désirs.

Nous nous sommes donc appuyés sur cette approche pour explorer les méandres et la richesse des relations de couple. Quand on pense au couple, on pense à la force des sentiments et à la beauté qui en émane. Mais aussi à la confrontation des personnalités, à l’oubli de soi pour sauver le lien qui nous unis, au rapport faussé qu’il peut y avoir quand l’authenticité des émotions n’est plus au rendez-vous. A la violence verbale ou physique qui peut s’instaurer. A la pression sociale de l’image du couple. A ce qu’il est possible d’accepter de l’autre sous prétexte que l’on est ensemble... Bref, au couple mue par une passion intime si brûlante que les pulsions se substituent au raisonnement.  
« Les histoires d’amour finissent mal en général » chantaient les Rita Mitsouko et ces paroles pourraient résumer à elles seules le parti pris de notre spectacle qui par son propos rejoindra avec modestie ces histoires d’amour tragiques et tumultueuses (tumulte-tueuses) dont la littérature, les films, la poésie ou les grands récits regorgent (Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Noces de sang etc…)
 
Avec ce spectacle nous voulons également jouer avec les désirs refoulés des spectateurs. Nous amuser de ce que chacun d’entre nous a déjà ressenti au moins une fois dans sa vie ; ce moment furtif, ce court instant, cette micro seconde, où dans un excès de colère, on s’est surpris à vouloir « tuer » l’autre. Mais la morale, l’éducation, la raison ou la loi nous ont empêchés de commettre l’irréparable juste avant de passer à l’acte.
 
Mais dans leurs histoires, les personnages iront jusqu’au bout, sans limite ni tabou, animés par une rare cruauté. Une sorte de spectacle exutoire, cathartique, voire expiatoire qui met en scène les désirs les plus odieux, les idées les plus destructrices, les bassesses les plus inavouables. Une descente dans les limbes noires et crasses de l’humanité mais drôles à en mourir.

Nelly Bêchétoille et Didier Landucci - Les auteurs

 

NOTE DE MISE EN SCENE

Dans ce titre deux essentiels incontournables, le plus puissant des moteurs de vie et son irrémédiable fin. Arthur Miller disait : « Pour moi, seul le tragique a cette beauté si pleine de sens qui est la vérité. C’est le sens de la vie - et l’espoir. De tous temps, le plus noble s’est révélé le plus tragique. »
Le défi lancé par cette pièce qui explore l’humour dans son côté noir, nous condamne à la simple vérité car la tragédie la plus profonde, à condition qu’elle soit incarnée, doit être la plus gaie, et qu’à gorge déployée, nous puissions nous rapprocher, dans cet éclat de rire, un peu plus de la noire vérité, notre inéluctable finitude.

Mon regard de metteur en scène doit s’attacher à reconnaître la vie quand elle apparaît devant moi dans son mystère et dans sa vérité. Dans cette recherche, les scènes prennent chaque fois une couleur (tendre, désespérée, humoristique, etc.) mais cette couleur n’ira jamais contre le caractère comique et universel de la représentation.

Pour mettre en œuvre cette instantanéité intelligible, les acteurs doivent être au centre de l’acte théâtral, ce qui, de fait, nous ramène au choix de la forme. Nous suivons une sorte de première règle : Tout ce qui n’est pas indispensable est superflu. Reste à définir l’indispensable, ce qui porte le sens.
La seconde et la plus importante : rechercher avec les acteurs la vérité des situations, une quête aussi indispensable qui sublime la réalité la plus improbable et empoigne le spectateur. Elle lui fait perdre toute notion de la différence entre théâtre et réalité et elle suscite la plus intense des émotions, surtout lorsque la comédie s’habille soudainement d’une fin tragique, comme le propose chaque fois les scènes.

Le décor lui-même sera au service de ce choix épurée à travers un objet unique et multiforme que les acteurs manipuleront eux-mêmes d’une scène à l’autre. Je pense que le théâtre fait, plus que tout art, une place de choix à l’imagination projective et à l’investissement imaginaire.

Les personnages sont des «figures». Les acteurs jouent tous plusieurs rôles, de vraies compositions accompagnées d’une recherche sur les costumes avec comme seule contrainte : tout doit véhiculer du sens !

Elric Thomas – metteur en scène

 

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